Serpent fait d'avocat
Publié : 18 sept. 2010, 21:16
En moto, enduro, les roues arrières ne sont pas limitées en durée. La moto devient subitement une sportive, et le décor passe de la forêt à la ville. Garé prêt d'un monastère, entrée sud. Aura étrange et angoissante. Quelquechose émane de l'édifice, impossible de dire si c'est un bruit, une odeur... Il fait fuir. D'abord sous les contreforts Ouest en direction du nord, qui deviennent un couloir de plus en plus étroit en largeur comme en hauteur, et aux teintes de bois clair. Le couloir semble surveillé, mais après vérification, il ne s'agit pas de caméras, mais simplement de boîtes posées sur un faux plafond et visible à travers une large meurtrière longitudinale. Elles bougent toute seule. La moto est garée juste de l'autre côté de la paroi aux allures japonaises. Il est impossible de descendre au deuxième sous sol du monastère. Ce qu'il y a là -bas est connu, mais impossible à décrire. Des êtres hostiles principalement, et ils grouillent. Le premier sous sol en est l'antichambre. Cette atmosphère si oppressante est extrèmement fatiguante. Après quelque mètres dans le corridor, une ouverture sur la gauche permet de rejoindre l'emplacement de la moto, plus paisible et où le sommeil ne se fait pas attendre, l'arrière de la tête posée sur les mains liées.
Il est impossible de savoir si la cour carrée, formée par un mur de pierre d'environ deux mètres de haut, est issue du néant, ou si elle est juxtaposée au monastère. Une forme sombre et immense s'élève effectivement au dessus de l'arrase Est. Un arbre caduque couvre cette nouvelle place de son feuillage vert et épais. Les gens ici sont connus. Deux ou trois amis proches. Le souvenir direct de l'endormissement près de la moto indique qu'il s'agit d'un endroit imaginaire. Une table sur laquelle se trouve un pot de fleur fraichement coupées. Un serpent à deux têtes, type vipère, à gauche du pot, un autre à droite, plat de la tête aux pieds, sans yeux, avec un dégradé central du vert foncé au vert clair. Ces couleurs indiquent sans aucun doute que ce serpent est fait d'avocat. Le premier est très agressif, et se déplace à la manière d'un cobra. Le second, plus pataud, avance comme un ver jusqu'au bord de la table. Les ondulations verticales de son mouvement sont exagérées. Sa tête plate dépourvue d'oeil n'est identifiable que par le sens de la marche. On pourrait cependant presque deviner un sourire s'esquisser sur le bout du légume, concave de temps à autre. Il faut absolument couper la tête de chacune de ces chimères pour mettre fin à ce cauchemar. Une fois cela fait pour la vipère bi-tête à l'aide d'un couteau de cuisine bien aiguisé, la besogne devient facile et ironique quant au ver pitoresque. La consistance est réellement identique à celle d'un avocat à maturité. Le danger est passé. La conscience du rêve subsiste, et l'envie de profiter de la puissance de l'imagination grandit. Il est regrettable que les personnes présentes ne puissent profiter de cette occasion si rare. En effet, même si elles gardent tout leur caractère et semblent plus vraies que nature, elles restent des hallucinations. Elles sont à plaindre. La gravité est contrôlable jusqu'à un certain niveau. Il n'est bizarement pas possible de voler. La sombre tour à l'Est écrase les environs et semble se replier sur la cour. un totem blanc à mi hauteur de l'arbre. Il faut faire correspondre les traits de son visage avec ceux du totem pour sortir d'ici. Un bond au ralenti pour l'atteindre. Ca ne marche pas. Un saut identique pour redescendre. Une idée subite : il suffit de fermer les yeux très fort et de les ouvrir à nouveau pour se reveiller près de la moto. Stupéfaction, au réveil, c'est mon lit qui m'attend.
Il est impossible de savoir si la cour carrée, formée par un mur de pierre d'environ deux mètres de haut, est issue du néant, ou si elle est juxtaposée au monastère. Une forme sombre et immense s'élève effectivement au dessus de l'arrase Est. Un arbre caduque couvre cette nouvelle place de son feuillage vert et épais. Les gens ici sont connus. Deux ou trois amis proches. Le souvenir direct de l'endormissement près de la moto indique qu'il s'agit d'un endroit imaginaire. Une table sur laquelle se trouve un pot de fleur fraichement coupées. Un serpent à deux têtes, type vipère, à gauche du pot, un autre à droite, plat de la tête aux pieds, sans yeux, avec un dégradé central du vert foncé au vert clair. Ces couleurs indiquent sans aucun doute que ce serpent est fait d'avocat. Le premier est très agressif, et se déplace à la manière d'un cobra. Le second, plus pataud, avance comme un ver jusqu'au bord de la table. Les ondulations verticales de son mouvement sont exagérées. Sa tête plate dépourvue d'oeil n'est identifiable que par le sens de la marche. On pourrait cependant presque deviner un sourire s'esquisser sur le bout du légume, concave de temps à autre. Il faut absolument couper la tête de chacune de ces chimères pour mettre fin à ce cauchemar. Une fois cela fait pour la vipère bi-tête à l'aide d'un couteau de cuisine bien aiguisé, la besogne devient facile et ironique quant au ver pitoresque. La consistance est réellement identique à celle d'un avocat à maturité. Le danger est passé. La conscience du rêve subsiste, et l'envie de profiter de la puissance de l'imagination grandit. Il est regrettable que les personnes présentes ne puissent profiter de cette occasion si rare. En effet, même si elles gardent tout leur caractère et semblent plus vraies que nature, elles restent des hallucinations. Elles sont à plaindre. La gravité est contrôlable jusqu'à un certain niveau. Il n'est bizarement pas possible de voler. La sombre tour à l'Est écrase les environs et semble se replier sur la cour. un totem blanc à mi hauteur de l'arbre. Il faut faire correspondre les traits de son visage avec ceux du totem pour sortir d'ici. Un bond au ralenti pour l'atteindre. Ca ne marche pas. Un saut identique pour redescendre. Une idée subite : il suffit de fermer les yeux très fort et de les ouvrir à nouveau pour se reveiller près de la moto. Stupéfaction, au réveil, c'est mon lit qui m'attend.