Bonjour. Je me souviens de plus en plus de rêves depuis quelques années, dont certains sont vraiment amusants. J'ai pris l'habitude de les rédiger, cherchant à demeurer la plus proche possible des sensations dont je me souviens. L'un d'entre eux a particulièrement retenu mon attention, de par son originalité et la profusion des détails. Dans certains rêves, je retrouve des éléments que je rattache à des faits réels (stress, "blessures", souvenirs que je cherche à refouler, etc.). Mais j'avoue que pour celui-ci, je sèche complètement. :p
Ce rêve est le premier de mes rêves "filmés". Il se déroule comme un film, et si je m'identifie à un personnage je suis également un spectateur avec un point de vue extérieur. Il arrive donc que je voie des choses que le personnage n'est pas censé voir. C'est la raison pour laquelle je parlerai parfois de caméra ou de spectateur, pour parler de ce qui échappe au personnage central.
« Le décor est digne de "Pirates des Caraïbes". Une sorte de grotte, une caverne, immense. Gigantesque. Si grande qu'elle abrite un village et un lac, et que du sol les rochers qui en constituent le plafond sont invisibles. C'est un peu comme un pays où il ferait toujours nuit, où l'on ne verrait jamais ni le soleil, ni la lune, ni les étoiles. D'énormes torches sont solidement attachées sur les parois de la grotte, afin que les hommes qui y vivent aient un minimum de lumière. L'accès se fait par la mer : les bateaux pénètrent dans la grotte qui s'élargit au fur et à mesure qu'ils s'y enfoncent. Au bout d'un moment, on peut apercevoir une sorte de port, sur la gauche : des passerelles s'avancent sur le lac pour l'arrimage des bateaux. C'est le repère de tous les pirates du coin. De là , un chemin de pierre monte jusqu'au village, situé en hauteur, du côté de l'entrée. Le chemin se divise à l'entrée du village, et une deuxième voie permet, en longeant la paroi, de marcher vers le fond de la grotte. Mais ce chemin s'arrête à la moitié de la grotte, environs. Et il est déjà si haut par rapport au niveau du lac qu'il serait périlleux de se laisser tomber dans l'eau. Là où ce chemin se termine, une sorte de galerie couverte, une grande terrasse, en somme, a été construite dans la pierre. C'est là que les équipages des bateaux se réunissent, lorsqu'ils ne souhaitent pas se mêler aux villageois de la grotte. Enfin, tout au fond de la grotte se trouve une petite plage. Devant la paroi rocheuse qui termine la grotte, au fond de la plage, se trouve une palmeraie, avec une petite source d'eau douce [je suppose que les villageois disposent d'une autre source d'eau douce, sûrement dans leur village, mais je ne vais pas jusqu'au village dans mon rêve, donc je ne sais pas à quoi il ressemble, ni s'il est grand]. La plage n'est accessible que par l'eau. Et sur la droite de la plage se trouve une petite ouverture dans la paroi rocheuse, une sorte de porte, qui donne sur une petite caverne, où les pirates entassent leurs plus beaux trésors. C'est en quelque sorte le fond commun des pirates : chacun y contribue, et chacun peut en prélever ce dont il a besoin (pour faire réparer le bateau, par exemple). Etrangement, ce système marche bien, personne ne se plaint, et ceux qui récupèrent un gros trésor ne manquent pas de laisser une part de leur butin dans la caverne, en pensant au jour où ils pourraient à leur tour avoir besoin de telles économies.
Je fais moi-même partie de l'équipage d'un bateau de pirates. Au moment où mon rêve commence, notre bateau est déjà attaché à l'un des pontons de la grotte, et nous sommes pour le moment les seuls pirates à avoir accosté ici. Le capitaine est une femme et, dans l'équipage, hommes et femmes se mêlent sans distinction aucune. Comme je suis petite et pas bien solide, j'ai du mal à me rendre utile sur le bateau. Le capitaine me demande donc d'aider à puiser l'eau du lac. Le principe est simple : un seau est accroché au bout d'une corde, qui est elle-même passée autour d'une poulie. Un système mécanique relier à un pédalier permet de faire tourner la poulie et de descendre le seau dans l'eau et de le remonter jusqu'au bateau. Il suffit de pédaler. Je m'assieds donc sur le siège prévu et je tends les jambes... mais elles sont trop petites et je n'atteins pas les pédales ! A côté de moi, une sirène fait le même travail. Elle me sourit, prend un couteau, tranche sa queue de poisson et me la tend. Elle me suggère de la prendre, je ne sais pas trop comment, pour que ça me fasse des jambes assez longues. Ecoeurée, je la remercie et refuse. Elle hausse les épaules d'un air de dire "tant pis", replace sa queue là où elle l'a coupée avec le couteau, et attend que la blessure se referme d'elle-même. Le capitaine demande alors aux membres de l'équipage d'aller cherche au bord de la plage des galets assez ronds pour pouvoir servir dans les canons et de faire le plein de munitions, en cas d'attaque. Comme je nage plutôt bien et que je tiens à conserver ma place sur le bateau, je me lance, dans le but de montrer au capitaine que je peux être utile ! Je nage donc à toute vitesse jusqu'à la plage (la distance à couvrir est assez grande), je cherche des galets bien ronds, assez gros, et je les rapporte à toute vitesse en nageant jusqu'au bateau. Très motivée, je fais de nombreux allers-retours. Lorsque le capitaine nous dit d'arrêter, après avoir estimé que nous avons rapporté suffisamment de munitions, elle me félicite pour mon efficacité. Pendant ce temps, les villageois nous aident à préparer le buffet du soir : deux membres de l'équipage doivent se marier le soir-même, c'est la raison pour laquelle nous avons accosté dans la grotte. C'est un beau couple : le meilleur marin de l'équipage, particulièrement adroit avec les armes et plein de courage (que je reconnais comme étant mon petit ami dans la vie réelle), et la plus jolie femme de l'équipage, celle dont tous les marins sont amoureux. Mais la rumeur circule que le fiancé à disparu. Il aurait déserté, on ne sait pour quelle raison. A ce moment-là , le capitaine s'avance au bout du ponton, trois boules de pétanque à la main. Elle les lance jusqu'à la plage au fond de la grotte (ce qui veut dire très loin, sachant que les boules de pétanque c'est lourd, et donc qu'elle est vraiment très forte) ! Elle nous dit alors d'aller les récupérer (caprice de capitaine...). Avec un autre marin, je plonge et nage à nouveau jusqu'à la plage. Nous nous divisons pour être plus efficaces : je cherche dans les galets sur le bord de la plage et lui se dirige vers la palmeraie. La caméra suit alors l'autre marin, qui s'aventure entre les palmiers. Celui-ci est soudainement assassiné au couteau, sans pouvoir émettre le moindre cri. La caméra revient sur moi : j'ai déjà trouvé deux des trois boules de pétanques. Je pénètre dans la caverne au trésor, où je trouve la troisième. Je ressors et m'approche de la palmeraie pour dire à mon coéquipier que je les ai. Il est appuyé contre un arbre. Je m'arrête, assez loin : il y a quelque chose de bizarre. Je comprends qu'il est mort et je repars très vite. Il est évident que ce meurtre est l'oeuvre du traître : le fiancé disparu se trouve sur la plage. Je préviens le capitaine, qui dit qu'il faut attendre de voir s'il compte revenir, ou s'il s'agit vraiment d'un traître. Je ne comprends pas sa fuite, et en même temps, j'espère que le mariage n'aura pas lieu. Plusieurs heures passent et l'équipage est finalement réuni sur la terrasse pour le dîner. Le fiancé n'est toujours pas revenu. Le capitaine prend un haut parleur et l'appelle en lui rappelant que c'est le soir de son mariage et que tout le monde l'attend. Nous entendons alors un cri et nous penchons par-dessus la balustrade de pierre pour voir de quoi il s'agit. Le fiancé est là , pointant un revolver sur l'une des filles de l'équipage qui était restée sur la passerelle afin de monter la garde. Je semble être la seule à m'inquiéter. Je regarde le capitaine et lui dis qu'il faut faire quelque chose, qu'il va la tuer, qu'il faut lui tirer dessus. Mais le capitaine est la seule à posséder une arme à feu. Elle me dit qu'elle ne veut pas tirer parce que si elle le tue et qu'une enquête est faite elle a peur qu'on la mette en prison pour meurtre. J'ai le coeur brisé, mais comme je ne peux pas le laisser tuer cette fille, je prends le revolver de mon capitaine, vise le fiancé, et tire... Il a tiré en même temps sur la fille, et les deux corps tombent dans l'eau du lac, qui devient rouge autour d'eux. A cause du sable soulevé, on ne voit rien. On finit par repêcher le corps de la fille, mais on ne retrouve pas celui du fiancé.
Des années plus tard, je suis sur la terre ferme, à une réception, une soirée de grande classe [je suppose que j'ai quitté la piraterie et épousé un homme riche et influent, comme dans les films... oui oui, c'est très cliché]. Une de ces soirées avec nombre d'invités, dans une grande salle lumineuse aux moulures dorées, avec des plans de table, où on ne rencontre que du beau monde hypocrite mais dont on ne connaît personne à la base. Je cherche ma table et m'assieds à la place que l'on m'a désignée, en attendant que mes voisins de table fassent de même. On me dit bonsoir. Je reconnais la voix. Choquée, je me retourne lentement et voit le fiancé, en costume sombre, qui me regarde fixement, tire le chaise et s'assied à côté de moi. Je panique et me demande quelle sera sa réaction envers moi... »
[ Je précise au passage qu'il n'y avait pas de problèmes particuliers entre mon petit-ami et moi à ce moment-là ... Je ne vois rien dans le contexte de ma vie qui puisse être en rapport avec ce rêve. ]
Les Pirates
Modérateur : ROSA ALBA